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Tendinite ?

Tendinite ?


Il y a quelque temps, il m’est arrivé quelque chose qui m’a vraiment fait peur. Et surtout, quelque chose qui peut arriver à n’importe quel violoncelliste, quel que soit son niveau.

On a parfois l’impression qu’avec l’expérience, on est au-dessus de ces problèmes. Qu’on connaît suffisamment son corps, qu’on maîtrise, qu’on ne fera plus ce genre d’erreur. Mais la réalité est beaucoup plus simple et beaucoup plus humaine : notre corps a des limites, et il finit toujours par nous les rappeler.

⚡ Une reprise trop intense

Pendant deux semaines, j’avais les enfants à la maison, et même si ces moments étaient précieux, je voyais aussi s’accumuler le travail en attente. Des projets en cours, des décisions à prendre, des échanges avec mon équipe… tout s’empilait.

Alors forcément, à la fin des vacances, j’attendais presque avec impatience le lundi matin. Celui où je pourrais enfin déposer les enfants à l’école et retrouver une vraie journée de travail.

Et quand ce moment est arrivé, je n’ai pas fait les choses à moitié.

Je suis rentrée chez moi et je me suis littéralement jetée sur mon violoncelle, avec cette idée très familière : j’ai quelques heures devant moi, il faut que j’en fasse un maximum.

Le piège classique

Face à la quantité de travail, j’ai pris une décision que beaucoup de musiciens prennent sans même s’en rendre compte. J’ai raccourci mon échauffement. Les gammes ont été expédiées, les exercices presque inexistants.

Le stress et l’adrénaline m’ont donné l’illusion que j’étais prête. Comme si l’urgence pouvait remplacer la préparation.

Alors j’ai enchaîné directement les morceaux, pendant plusieurs heures.

Sur le moment, tout allait bien. Mieux que bien, même. À la fin de la journée, j’étais fière de moi. J’avais rattrapé presque tout mon retard, et je me sentais rassurée pour la suite.

Le lendemain, rien à signaler. Je me suis dit que j’avais bien fait.

Et puis…

😨 Le réveil qui fait peur

Le surlendemain matin, je me suis réveillée avec une sensation étrange dans le bras droit. Une douleur diffuse, qui partait de la main et remontait jusqu’à l’épaule. Ce n’était pas une douleur vive, mais plutôt une énorme contracture, comme une courbature très installée.

Ce n’était pas insupportable, mais profondément désagréable. Et surtout, très inquiétant.

Parce que quand on est musicien, on sait très bien ce que ça veut dire. Nos mains, nos bras… c’est notre outil de travail. Et quand quelque chose ne fonctionne plus comme d’habitude, l’alerte est immédiate.

Très vite, une pensée s’est imposée : est-ce que je suis en train de me faire une tendinite ?

Comprendre avant d’aggraver

J’ai très vite compris que j’étais sur une pente dangereuse. Ce que j’avais fait, c’était exactement ce qu’il ne faut pas faire : trop d’intensité d’un coup, sans préparation, sans écoute.

C’est souvent comme ça que les problèmes commencent. Pas forcément par une blessure immédiate, mais par un signal faible qu’on pourrait facilement ignorer.

Sauf que cette fois, je ne voulais pas l’ignorer.J’ai donc fait quelque chose qui n’est jamais facile : j’ai arrêté.

Repos complet pendant plusieurs jours, même si j’avais encore du travail en retard. Puis, quand j’ai repris, je l’ai fait très progressivement. Des séances courtes, beaucoup d’échauffement, et surtout une attention constante aux sensations.

Au moindre signe de gêne, je m’arrêtais.

Petit à petit, la douleur a disparu. Et j’ai pu retrouver un travail normal.

La vraie leçon

Ce qui m’a frappée, c’est à quel point j’avais moi-même ignoré les conseils que je donne pourtant tous les jours à mes élèves. Reprendre doucement, s’échauffer sérieusement, respecter le rythme du corps… tout cela, je le sais parfaitement.

Mais ce jour-là, le stress et l’envie de “rattraper” m’ont fait passer au-dessus de tout ça.

Et c’est exactement là que réside le danger.

Parce que ce genre de situation ne dépend ni du niveau, ni de l’expérience. On peut être débutant ou avancé, amateur ou professionnel, le problème est le même : dès qu’on n’écoute plus son corps, on s’expose.

Une chose à ne jamais oublier

Depuis cet épisode, je fais beaucoup plus attention à ces moments de reprise, qui sont en réalité les plus sensibles. J’ai compris que l’échauffement n’est pas une formalité, mais une vraie protection. Que prendre son temps n’est pas un luxe, mais une nécessité.

Et surtout, que le corps envoie toujours des signaux avant de lâcher.

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A très vite,

Jeanne

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