La routine du débutant
La routine du débutant
Vous venez de commencer le violoncelle ?
Vous vous reconnaissez peut-être dans ce moment un peu déstabilisant où, une fois chez vous, instrument en main, vous vous demandez : « Bon… maintenant, qu’est-ce que je fais ? »
Parce qu’au début, on n’a pas encore un répertoire de morceaux, on ne possède pas encore une “boîte à outils” d’exercices, on n’a peut-être même pas encore posé les quatre doigts.
C’est précisément pour cela qu’une routine est si précieuse : non pas pour vous enfermer dans quelque chose de rigide ou de scolaire, mais pour vous donner un cadre clair, un point de départ stable, et surtout des repères concrets qui vous permettront de constater vos progrès d’une séance à l’autre, au lieu d’avoir l’impression d’être “dépassé.e” par tout ce qu’il faudrait penser en même temps dès que vous posez l’instrument sur vous.
Je vous propose donc une routine spécifiquement pensée pour les débutants, avec des étapes simples, et des durées indicatives que vous pourrez ensuite ajuster à votre manière, au fur et à mesure que vous gagnerez en aisance.
1) S’accorder systématiquement en début de séance
La première étape, et c’est vraiment une habitude à construire dès le départ, consiste à vous accorder avant de jouer, parce que si l’instrument n’est pas accordé, vous vous retrouvez à travailler “contre” vous-même, avec un résultat qui peut être frustrant, voire décourageant, sans que cela reflète réellement votre niveau.
Vous pouvez très simplement utiliser un accordeur, soit un petit boîtier, soit une application sur téléphone, ce qui est souvent très pratique, et vous vérifiez que l’accordeur est bien réglé sur 442 Hz (selon les habitudes et les contextes), puis vous commencez en général par le LA, avant de passer aux autres cordes.
Lorsque vous accordez, vous utilisez les petites vis situées en bas du cordier : si la note est trop haute, vous dévissez légèrement, et si la note est trop basse, vous vissez doucement, petit à petit, en prenant le temps, sans gestes brusques, car l’idée n’est pas d’aller vite, mais d’être sûr.e de ce que vous entendez et de ce que vous faites.
2) Vérifier votre posture de base
Avant même de jouer, je vous invite à poser votre violoncelle au sol et à consacrer quelques instants à votre posture, parce que la posture n’est pas un “détail” qu’on traitera plus tard quand on sera meilleur : au contraire, c’est la base qui vous permettra de progresser sans douleurs, sans crispations, et avec un geste beaucoup plus naturel.
Commencez par vous asseoir au bord de la chaise, c’est-à-dire sans vous caler au fond contre le dossier, car vous cherchez une assise dynamique, et cette assise dynamique se repère notamment grâce à deux critères très simples : d’abord, vous devez sentir vos ischions, ces petits os sous les fesses, qui disparaissent dès que l’on s’arrondit ou que l’on se cambre excessivement ; ensuite, vos pieds doivent être placés de façon si stable que, lorsque vous vous levez, vous n’avez pas besoin de les bouger ou de les réajuster, ce qui est un excellent repère pour vérifier que vos jambes, vos pieds et votre bassin sont posés au bon endroit.
Puis, pour sentir que votre corps est disponible et mobile, vous pouvez faire une petite rotation du torse de gauche à droite, très tranquillement, sans vous tordre, en gardant vos deux ischions bien ancrés sur la chaise, simplement pour sentir que vous êtes libre, que vous respirez, et que vous pouvez bouger sans vous déséquilibrer.
Même si cela peut paraître rébarbatif au tout début, dites-vous que ces 2 à 3 minutes investies à chaque séance vous feront gagner énormément de temps plus tard, parce qu’elles vous éviteront des tensions inutiles, et vous aideront à construire des habitudes saines dès maintenant.
3) Placer le violoncelle
Quand vous reprenez le violoncelle et que vous le placez sur vous, il est très fréquent, et même normal, de se poser une foule de questions : « Est-ce que la pique est trop longue ou trop courte ? Est-ce que le violoncelle doit être plus à droite ou plus à gauche ? Est-ce que je le mets plus près ou plus loin ? À quel endroit sur le sol ? » — et, honnêtement, cette étape demande du temps, parfois plus qu’on ne l’imagine au départ.
La règle la plus importante à garder en tête est la suivante : vous ne devez pas vous contorsionner pour tenir le violoncelle, vous ne devez pas lever un pied, serrer l’instrument comme si vous aviez peur qu’il tombe, ou modifier complètement votre posture ; au contraire, vous cherchez à conserver une posture très proche de celle que vous aviez sans le violoncelle, jusqu’à trouver un équilibre où vous vous sentez posé.e plutôt que en lutte.
Un repère utile : évitez les extrêmes, c’est-à-dire un violoncelle trop haut ou trop bas, et cherchez un entre-deux où l’instrument est proche du cou, des oreilles, de l’épaule, sans que votre tête ait besoin de toucher ou de pousser l’instrument ; et si vous devez tester plusieurs fois, c’est parfaitement normal.
4) Jouer les cordes à vide pendant 4 à 5 minutes
Une fois accordé.e et installé.e, vous allez passer aux cordes à vide, parce que c’est une étape extrêmement utile pour échauffer le geste, connecter votre corps à l’instrument, et commencer à construire une qualité de son, tout en restant sur un contenu simple, accessible, et rassurant.
Si vous débutez tout juste : pizzicato
Si vous venez de commencer, il est très possible que vous n’ayez pas encore travaillé la tenue d’archet, et dans ce cas vous jouez en pizzicato, en prenant le temps de placer le pouce en appui contre le bas de la touche pour stabiliser la main, puis vous pincez la corde avec l’index, tranquillement, en cherchant un son clair et régulier, sans vous précipiter.
Si vous avez déjà commencé l’archet : cordes à vide à l’archet
Si vous jouez déjà un peu à l’archet, prenez le temps de vous installer, car une bonne tenue d’archet ne se met pas en place en deux secondes : il y a plusieurs repères et vous pouvez réellement vous accorder une minute pour cela, sans culpabiliser, car cette minute conditionne ensuite toute la qualité de votre geste.
Ensuite, vous posez l’archet sur la corde, vous démarrez au talon, puis vous tirez jusqu’à la moitié, vous revenez, et progressivement vous pouvez étendre jusqu’à la pointe, en utilisant tout l’archet, avec des objectifs simples comme : rester parallèle au chevalet, vérifier que l’épaule ne se soulève pas inutilement, sentir que le bras se déploie sans tension, et, surtout, vous laisser aussi toucher par la vibration de l’instrument, parce que le violoncelle vibre dans tout le corps, et que cette sensation est à la fois agréable, apaisante, et très formatrice.
5) Exercices et morceau : en fonction de votre niveau du jour
À ce stade, vous êtes déjà dans une situation très favorable : vous êtes accordé.e, votre posture est posée, vous avez commencé à faire sonner l’instrument, votre corps est plus disponible, et vous êtes prêt.e à aborder un exercice ou un petit morceau, mais cette dernière partie doit être adaptée à votre réalité.
Si vous venez de commencer depuis très peu de temps, il est tout à fait possible que cette routine suffise largement pour aujourd’hui, et ce sera déjà un excellent travail, car avoir fait ces étapes correctement constitue une vraie séance.
Avant de jouer, prenez le temps de lire votre partition, de dire les notes à voix haute, voire de les chanter, même si vous ne trouvez pas votre voix “belle” ou “juste”, car l’objectif n’est pas de chanter bien, mais de vous connecter intérieurement au son, d’entendre la musique dans votre tête, et de rendre la recherche de la justesse beaucoup plus intuitive ensuite.
Puis, quand vous commencez à jouer, il est très utile de démarrer en pizzicato, parce que cela vous permet de vous concentrer essentiellement sur la main gauche, la posture, et la lecture, sans ajouter immédiatement toutes les exigences de l’archet ; et ensuite, lorsque les notes sont plus claires, que la main gauche est plus sûre, que vous vous sentez plus stable, vous pouvez prendre l’archet et travailler le même passage avec, en profitant du fait que tout ce que vous avez construit avant vous amène à cette étape dans de meilleures conditions.
Une séance “modèle” facile à suivre
- Accordage : 2 minutes
- Posture + placement instrument : 3 minutes
- Cordes à vide : 4 à 5 minutes
- Exercice ou morceau : 5 à 10 minutes, selon votre niveau et votre énergie
Même une séance courte comme celle-ci peut être très efficace, parce qu’elle est cohérente, répétable, et rassurante.
Si vous testez cette routine, dites-moi comment cela s’est passé : est-ce que l’accordage a été simple, est-ce que la posture vous a demandé de l’attention, est-ce que les cordes à vide vous ont détendu(e), et surtout, est-ce que vous avez senti une différence entre le début et la fin de votre séance — parce que c’est exactement cette sensation-là, très concrète, qui nourrit la motivation et vous donne envie de continuer.
Je vous souhaite une excellente pratique du violoncelle, avec de la patience, de la régularité, et surtout le plaisir de sentir l’instrument vibrer sous vos doigts.
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A très vite,
Jeanne
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