Bach – Choral Sol mineur BWV 21
Bach – Choral Sol mineur BWV 21
Pour cette nouvelle cover, j’ai choisi une nouvelle fois la musique de Jean-Sébastien Bach, avec un choral en sol mineur extrait de la cantate BWV 21, Ich hatte viel Bekümmernis.
Je vous le propose ici dans une version pour quatre violoncelles, sur un arrangement d’Odile Bourin.
Car sous une apparente simplicité, ce choral repose sur un équilibre particulièrement subtil : quatre lignes qui suivent chacune leur propre chemin, tout en restant constamment liées les unes aux autres. C’est de leur rencontre, de leurs mouvements et de leurs tensions que naît toute la profondeur de cette musique.
La cantate BWV 21, Ich hatte viel Bekümmernis
La cantate BWV 21, Ich hatte viel Bekümmernis — que l’on peut traduire par « J’avais beaucoup d’affliction » — appartient aux premières grandes cantates de Jean-Sébastien Bach.
Une version de l’œuvre est notamment attestée à Weimar en 1714, avant que Bach ne la reprenne et ne la remanie à plusieurs reprises.
Une cantate est une œuvre pour voix et instruments composée de plusieurs mouvements. Chez Bach, elle peut réunir chœurs, airs, récitatifs et chorals, chacun participant au récit et à l’expression du texte religieux.
Comme dans un opéra, les différents mouvements de la cantate sont liés entre eux. Mais ici, ils ne racontent pas une intrigue : ils suivent plutôt un cheminement intérieur, qui conduit progressivement de l’affliction vers la consolation et la joie.
Cette évolution est particulièrement intéressante, car chez Bach la musique ne se contente pas d’accompagner le texte : elle participe pleinement à son expression. Les harmonies, les mouvements des différentes voix, les tensions et leurs résolutions traduisent ce passage de l’inquiétude vers l’apaisement.
Le choral au cœur de la musique de Bach
Le choral occupe une place essentielle dans l’œuvre de Jean-Sébastien Bach. À l’origine, il s’agit d’un chant religieux protestant destiné à être chanté collectivement par les fidèles. Les mélodies sont donc généralement assez simples et facilement mémorisables, puisqu’elles doivent pouvoir être reprises par toute une assemblée.
Mais chez Bach, ces mélodies deviennent aussi un formidable matériau musical. Il les reprend, les harmonise et les intègre dans des œuvres beaucoup plus vastes, notamment ses cantates et ses Passions. Une mélodie de choral que les auditeurs de son époque pouvaient connaître devient ainsi le point de départ d’une écriture à plusieurs voix d’une grande richesse.
Ce qui est particulièrement intéressant dans l’écriture chorale de Bach, c’est que les différentes voix ne se contentent pas d’accompagner une mélodie principale. Chacune possède sa propre ligne et sa propre direction musicale.
Et pourtant, malgré cette indépendance, toutes ces lignes sont intimement liées. Chaque note prend une signification différente en fonction des notes jouées simultanément par les autres voix. C’est leur superposition qui fait naître les accords, les tensions et les résolutions qui donnent à la musique de Bach cette sensation de mouvement permanent.
C’est aussi ce qui rend cette écriture particulièrement intéressante pour quatre violoncelles. Chaque instrument peut prendre en charge une voix et la faire véritablement chanter, tout en restant constamment à l’écoute des trois autres. On retrouve ainsi quelque chose de l’idée même du choral : plusieurs voix distinctes qui, lorsqu’elles sont réunies, ne forment plus qu’un seul ensemble.
Une musique simple en apparence
C’est aussi ce qui rend ce répertoire passionnant à travailler.
Il n’y a pas nécessairement de grande virtuosité spectaculaire, de traits rapides ou d’effets techniques particulièrement démonstratifs.
Et pourtant, cette simplicité apparente ne laisse presque aucune place à l’imprécision.
La justesse est fondamentale. Lorsque quatre voix forment un accord, chaque note doit trouver exactement sa place par rapport aux autres.
La qualité des attaques et des fins de notes est également essentielle. Si une voix interrompt sa phrase trop brutalement, si une attaque ressort trop fortement ou si les articulations sont trop différentes, l’équilibre de l’ensemble peut immédiatement être perturbé.
Il faut donc apprendre à écouter non seulement la ligne que l’on joue, mais également tout ce qui se passe autour.
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Jeanne
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